Départ de Pachacútec et Noël

23/12 : Déménagement et dernier jour à Pachacútec

Le 23 au matin, nous déménageons tous les objets prêtés par Altiplano au local de l’association et nous lavons la chambre. C’est aussi le jour d’inscription des enfants à l’école d’en face, Fe y Alegría. Une longue queue de mamans (pas un papa à l’horizon) s’étend dès 7h du matin le long du mur de l’école. Les petites charrettes de snacks profitent de l’événement pour envahir la rue également. Altiplano aussi profite de l’occasion pour vendre des jouets d’enfants pour Noël. Ce sont des donations qu’Altiplano vend à petit prix. C’est donc dans la foule et l’excitation que nous déménageons nos meubles.

À midi, Señora Emma, l’une des vendeuse, nous apporte une surprise pour notre dernier repas. Elle a fait une marmite entière de sa traditionnelle sopa verde. Pour accompagner, elle a aussi fait du choclo (gros maïs), et sa fille a réalisé du gâteau à la carotte. À 13h, on sort les tables et les couverts et on déjeune dans la rue. Une ancienne vendeuse et sa fille passent par là. On a beaucoup à manger, elles sont invitées à se joindre à nous. De même pour le voisin d’en face qui tient la ferme, et pour une autre vendeuse de la tienda qui vient de finir de vendre du jus de pommes devant l’école. Au final, nous nous retrouvons tout un groupe à partager cette délicieuse soupe autour d’une même table. Merci pour ce merveilleux dernier repas!

Le festin sur le devant de l’association.
La rue où se trouve l’association

Repus, nous remettons nos sac sur le dos et, après quelques au-revoirs, nous partons pour San Miguel, un quartier de Lima où nous avons prévu d’acheter un dernier cadeau de Noël et passer la nuit.

Et là… C’est le choc. Nous nous retrouvons dans un grand centre commercial, bondé de monde en train de faire les dernières emplettes de Noël. Boutiques de fringues, de gadgets en tout genres, maroquineries parfumeries… Les vitrines s’alignent, pleines d’articles plus ou moins utiles, de marques standards ou de luxe. Celles-ci proposent des offres abracadabrantes (-70% sur le deuxième produit identique dont on a pas besoin mais qu’on achète quand même parce que, « quand-même, c’est une bonne affaire »). En cherchant à manger, nous passons devant des fast-foods, et des cafés Starbucks et des bars à jus proposant leur nourriture industrielle sur-emballée quatre fois plus cher que leur équivalent artisanal péruvien…

Entre notre départ de Pachacútec cet après-midi et notre début de soirée ici, jamais « notre monde » ne nous a paru aussi absurde et violent. D’un côté, cet endroit serait hors de prix pour les personnes que nous avons côtoyé à Pachacútec. Un simple menu de fast-food équivaut déjà à plus d’une demi-journée de travail à la Tienda. Et de l’autre côté, pour augmenter les marges, tout ces vêtements et objets plus ou moins utiles sont produits en exploitant la main d’œuvre au rabais dans ces quartiers défavorisés. Et pourtant, ces deux réalités ne sont qu’à 1h30 l’une de l’autre.

C’est une chose que de lire un article ou de regarder un reportage sur l’exploitation humaine qui se cache derrière notre société de consommation et de surproduction. Ces couturières, artisans et assembleurs sur une chaîne ou dans leur cabane restent alors des étrangers, vivant bien loin de nous. C’en est une autre que de voir cette exploitation de ses propres yeux et d’entendre les témoignages de ces personnes. Là, nous mettons des noms et des visages sur ces personnes. Et une fois que l’on a vu cette misère, comment peut-on encore se voiler la face en se disant « c’est comme ça et on y peut rien » ?

Nous rentrons à notre hôtel nous coucher, psychologiquement épuisés et légèrement nauséeux.

24/12: Feliz Navidad !

Au matin, nous nous réveillons toujours un peu amers de notre expérience de la veille. Le choc émotionnel nous cloue au lit. Alizée, malade, a du mal à le lever. Pourtant, aujourd’hui c’est la veille de Noël.

Dans la matinée, nous partons pour le Museo Larco afin de nous changer les idées. Mission plutôt réussie, ce musée d’art pré-colombien est splendide. La collection d’objets est magnifique et nous pouvons en dire autant du jardin.

La collection de poteries
Parure pour les cérémonies religieuses
Bijou représentant la dualité jour-nuit
Le magnifique jardin du musée Larco
À l’entrée de la section « poterie érotique pré-colombiennne »

Ensuite, nous passons acheter de quoi faire du vin chaud pour le soir, histoire de rajouter notre touche française au Noël péruvien.

Nous arrivons chez la famille Chavez vers 16h, épuisés. Nous avons tout les deux un peu de fièvre. PJ donne ses dernières forces dans l’élaboration du vin chaud (avec et sans alcool !). Puis nous tentons de nous reposer jusqu’au soir, en espérant tenir debout.

Le vin chaud !

Vers 19h, on décide de descendre pour voir ce qui se trame. Roxana découpe la dinde et prépare la table. Les invités n’arrivent que vers 22h. Chacun sort ce qu’il a apporté et très rapidement, tout le monde se met à table.

Sur la table, il y a la dinde préparée avec amour par Roxana. Elle fond dans la bouche. Roxana l’a fourrée avec de l’ananas et des pommes, et a injecté différents alcools directement dans la chair : du rhum, du pisco et… du kirsch venu tout droit de la production de la grand-mère de PJ. À la dégustation, certains morceaux sont bien imprégnés.

Pour accompagner la dinde, il y a une sauce aux champignons et ses lardons, de la salade de pâtes, de la salade de riz, du chocolat et des petits biscuits. Tout est disposé sur la table et chacun se sert à son aise. À boire, il y avait du soda et nos vins chaud.

D’ailleurs, savez-vous pourquoi ce n’est pas la tradition de manger et boire chaud à Noël au Pérou? C’est parce qu’on est en été et qu’il fait déjà bien chaud ! Après trois gorgées de vin chaud, toute la tablée se met à suer, dégouliner… Ça n’a pas arrêté les plus valeureux de se resservir.

Contrairement aux Noëls français où s’enchaînent 6 plats et où on sort de table en rampant, la formule buffet péruvienne permet de se servir et se faire plaisir à sa guise.

Préparation du réveillon
Joyeux Noël
PJ et les biscuits de Noël
Repas de Noël

À minuit, le repas est terminé. Et ici, c’est l’heure traditionnelle des feux d’artifices !

Dans la rue, chacun fait péter son lot de pétards et fusées en tout genre. L’un des engins les plus impressionnants s’appelle « la rata blanca » (le rat blanc). Dès que l’un d’eux explose, la détonation fait trembler les murs de la maison.

Il paraît que c’est encore pire à Nouvel An

Tout le monde sort pour admirer le spectacle et profiter de l’ambiance. Les voisins se saluent et se souhaitent joyeux Noël. Puis s’ensuit l’ouverture des cadeaux. Finalement, la soirée se finit vers 1h30 et nous allons nous coucher.

25/12: On the road again

Notre réveil sonne à 8h30. Cela nous laisse un peu de temps à partager avec la famille Chavez avant de repartir. Au petit-déjeuner, nous profitons du traditionnel paneton et chocolat chaud qui se fait beaucoup au Pérou aux alentours de Noël.

Après quelques au-revoirs, nous partons pour prendre notre bus pour Nazca. Départ à 13h et arrivée à 21h30.

On était super bien dans ce bus. C’est rarement le cas car les sièges de la classe moyenne sont dimensionnés pour des personnes de moins de 1m70.

Encore bien fatigués de ces derniers jours, nous espérons enfin pouvoir nous reposer. Pas de chance, il fait horriblement chaud dans la chambre de notre hôtel. Et la fenêtre de la chambre donne directement sur la colonne de la hotte du restaurant chinois juste en dessous. Nous avons donc le choix entre la chaleur et l’odeur de friture. Seule constante, le reagetton à fond les ballons qui se joue dehors. Bref, ce n’est pas cette nuit que nous récupérerons nos force.

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