13/03 (suite) : Retour à la civilisation
Une fois de retour à Puerto Natales, nous prenons deux billets de bus vers Punta Arenas pour demain matin. Puis nous nous cherchons un logement pour la nuit. Après 5 jours et 4 nuits en plein air, pas question de dormir en dortoir dans une auberge de jeunesse. Nous trouvons une jolie chambre avec notre propre salle de bain dans un charmant petit hôtel, pas trop loin de la gare routière. C’est sans doute le logement de plus haute gamme de tout notre voyage. Mais nous l’avons mérité.
Ensuite, Alizée s’en va chercher nos affaires en consigne là où nous avions logé avant le trek, tandis que PJ va ramener les sacs de couchage que nous avons loué. À l’agence de location, il rencontre un couple italien qui a prévu de faire Torres del Paine le lendemain. Le couple est très embêté car leur vol pour rentrer en Italie a été annulé à cause du Coronavirus.
C’est là que nous nous rendons compte combien nous avons été coupé du monde pendant ces cinq jours sans télévision, sans internet et sans réseau. Avec nos téléphones nous nous rendons sur les sites d’informations et découvrons que le Covid-19 est désormais considéré comme une pandémie. On dénombre déjà plus d’un millier de décès en Europe et les gouvernements prennent des mesures drastiques. Notamment, l’Argentine à mis en place des règles de quarantaine très strictes sur les ressortissants des pays les plus touchés, dont la France. En faisant un tour sur Facebook, nous tombons sur des témoignages de Français en voyage depuis plusieurs mois en Amérique du Sud comme nous et qui ont passé la frontière Chili-Argentine ce matin. Ils racontent avoir souffert du zèle des douaniers argentins dès lors qu’ils ont montré leur passeport français : méfiance, vérification des cachets de leur passeports, multiples prises de températures, interrogatoires…
Nous sommes sensés retourner en Argentine dans trois jours pour visiter Ushuaïa, Buenos Aires et les chutes d’Iguazu. Est-ce encore une bonne idée d’y aller au risque d’être bloqué en quarantaine pour 15 jours et rater notre vol retour pour l’Europe ?
Malgré tout, nous nous écroulons dans le lit dès le début de soirée, épuisés.
14/03 : Visite de Punta Arenas
Buffet petit-déjeuner
Le matin, nous allons prendre le petit-déjeuner. C’est un buffet ! Nous nous jetons sur les tartines, fromages et confitures. À croire qu’on a pas mangé depuis cinq jours.
À la table d’à côté, deux amies italiennes sont en pleine discussion avec la gérante pour voir comment rentrer en Europe. Cela nous ramène vite à la réalité.
La nuit porte conseil. Nous décidons également de changer nos plans et de rejoindre le Brésil dès que possible. Passer par l’Argentine est trop risqué. C’est plus sûr de rejoindre Sao Paulo tout de suite. C’est de là que part notre vol pour l’Europe et le gouvernement brésilien ne semble pas avoir pris plus de mesures que ça face à la pandémie. Quitte à devoir attendre deux semaines, nous serons mieux à siroter des caïpirinhas à la plage qu’en quarantaine dans un hôtel. Et peut-être pourrons-nous quand même voir les cascades d’Iguazu depuis le côté brésilien.
Nous finissons notre petit-déjeuner, réservons les premiers vols pour Sao Paulo depuis Punta Arenas (avec correspondance à Santiago du Chili) puis partons prendre notre bus pour Punta Arenas.
Punta Arenas
Nous arrivons à Punta Arena en milieu d’après-midi, après avoir traversé les grandes étendues plates d’herbes jaunie de la pampa patagonienne. Nous sommes au bord du célèbre détroit de Magellan. Et de l’autre côté, nous pouvons apercevoir la Terre de Feu qui nous nargue.
Nous nous baladons dans Punta Arena. La ville est plutôt agréable mais il n’y a grand chose à y faire, si ce n’est se balader en bord de mer ou essayer l’un des nombreux restaurants originaux du centre. Nous jetons notre dévolu sur le café La Luna, une adresse à la décoration très étonnante et une cuisine bonne mais pas très fournie.

Le reste de l’après-midi, nous flânons le long du détroit, à contempler les nombreux oiseaux installés sur de vieux pontons abandonnés.




Finalement, nous rentrons nous coucher assez tôt. Nous sommes toujours fatigués du trek et, il faut l’avouer, nous sommes un peu bouleversés et déroutés (c’est le cas de le dire) par le changement de nos plans. Nous n’irons pas visiter l’île Magdalena et sa colonie de manchots de Magellan à quelques dizaines de kilomètres de là, ni ne foulerons la Terre de Feu, ni visiterons la dépaysante Ushuaïa ou la grande Buenos Aires.
Non, demain matin nous nous envolons déjà pour la dernière étape de notre voyage…
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