Autour du lac Titicaca

07/01 : Puno

Nous passons la journée dans le bus, entre Cusco et Puno. Les paysages sur la route sont magnifiques. Nous arrivons à Puno dans l’après-midi. Nous prenons une auberge puis allons au port afin de se renseigner sur les transports jusqu’aux îles du lac Titicaca.

Nous avons entendu dire que passer par une agence n’apporte pas beaucoup de valeur ajoutée, et que l’argent va davantage aux communautés locales lorsque nous passons directement par elles. Cela tombe bien, sur le port nous tombons sur un petit bureau tenu par des originaires de l’Ile Amantani. Ils nous propose le tour pour les 3 îles péruviennes (le tour classique proposé par les agences) sur leur propre bateau. Nous acceptons.

En début de soirée, nous nous promenons dans le centre de Puno. Beaucoup de personnes nous avaient averti que la ville n’avait pas beaucoup de charme, nous avons pu le vérifier. Même dans le centre, la plupart des bâtisses sont en briques brutes. À part une rue de restaurants plutôt touristique, le reste de la ville n’est fait que de petits commerces et d’habitations modestes. La Place d’Armes aurait peut-être sauvé ce triste centre, mais celle-ci était inaccessible car en travaux.

Nous entrons dans un restaurant afin de goûter à la truite, la spécialité locale. Pendant que nous nous régalons, une famille russe assise à côté de nous semble en difficulté. Le fils d’environ 20 ans, souffre terriblement du mal d’altitude. On l’oublierai presque, mais le lac Titicaca au bord duquel nous sommes culmine à 3808m d’altitude. Le jeune homme est vraiment mal. Il est le seul de la famille à parler Anglais, mais cela ne lui permet pas de communiquer avec le serveur qui essaye de le conseiller en Espagnol. PJ vient porter main forte en faisant l’interprète. Finalement, le Papa russe revient de la pharmacie avec un masque à oxygène. Cette expérience nous rappelle combien le mal d’altitude peut être dangereux, et nous sommes contents d’avoir bien fait attention à ce risque depuis le début de notre voyage.

08/01 : Navigons sur le lac

Uros

Nous levons l’ancre à 8h20. Premier arrêt aux îles flottantes d’Uros. Une communauté de 2000 habitants vivent sur des radeaux flottants fait de terre spongieuse et de roseau. Les Uros vivaient autrefois de la pêche et de l’élevage de canard. Aujourd’hui, leur économie est essentiellement basée sur le tourisme. La communauté est partagée en différents groupes. Chaque groupe élit un président pour 6 mois.

Cette première escale est un peu déconcertante. Nous nous arrêtons dans un des groupes. Une dizaine de maisonnettes de pailles entoure une petite place. Le chef du groupe nous donne quelques explications puis nous suivons un membre vers sa maisonnette. À l’intérieur, deux vieux matelas et une télé. Sur l’un des matelas, des babioles de mauvaises qualité destinées à la vente. Tout le reste de l’échange consiste à nous vendre des babioles, sur un ton de mendicité. Ça nous dérange de pénétrer leurs maison et de se sentir obligé d’acheter quelque chose plus par pitié que par envie.

Le village d’Uros
L’intérieur d’une des maisons

Amantani

Ensuite nous partons vers l’île d’Amantani. Au ponton où nous accostons, nous sommes accueillis par Seraphina, la femme chez qui nous logeons pour la nuit.

Nous suivons Seraphina jusque chez elle. Comme la plupart des autres maisons de l’île, sa maison est faite de brique de terre mélangée avec de la paille, le tout recouvert d’un enduit rouge.

Nous entrons dans une petite cuisine où Seraphina nous a préparé un déjeuner. Nous commençons par une soupe de quinoa et carotte, puis une assiette de légumes (patates, tomate, concombre) et une tranche de fromage. Il n’y a pas de viande, l’île ne compte aucune boucherie. Quand il y en a, c’est que l’on a tué un mouton.

Après le repas, nous allons nous balader sur les hauteurs de l’île. Autour des maisons, des champs de patate, de maïs, de quinoa, des cerisiers… Chacun cultive son lopin de terre. On y pratique également la jachère. Les moutons, les ânes et les chevaux occupent les terrains au repos, enrichissant le sol au passage. Il n’y a pas de route sur l’île et il y règne est calme très agréable.

Ici, les traditions sont encore de mise. Toutes les femmes que nous croisons portent le costume traditionnel. Et même si la population a été convertie au christianisme à l’arrivée des Espagnols, elle a gardé certains de ses rites pré-hispaniques. Par exemple, chaque année les 10 communautés que compte l’île se divisent sur les deux hauteurs de l’île. Celles-ci sont occupées par d’anciens temples, l’un dédié à la Pachamama (terre-mère) , l’autre au Pachatata (terre-père). De là, chacune des 5 communautés démarre une procession vers le bas de l’île, et le moment où les deux processions se rencontrent détermine l’augure pour les récoltes de l’année.

La maison où nous passons la nuit
Les champs en terrasse
L’auberge
Les maisons faites de briques de terre et de paille
Notre chambre pour la nuit
L’habit traditionnel des habitants d’Amantani
Du quinoa

Le soir quand nous rentrons, une petite soupe nous attend, suivi d’une poêlée de patates, carottes et autres petits légumes, et une portion de riz. Le tout est simple et délicieux.

09/01 : Taquile

Après une nuit fraîche, nous repartons en bateau vers l’île de Taquile. Cette île, tout aussi simple que celle d’Amantani, est réputée pour ses tissus, considérés comme de la meilleure qualité de tout le pays. Et en effet, tout le long de notre balade nous croisons hommes, femmes et enfants avec leurs bobines de fil, à tisser dès que l’occasion s’y prête.

Île de Taquile
Notre bateau
Île de Taquile
Promis on ne retouche aucune photo. L’eau et le ciel étaient vraiment d’un bleu magnifique.

10/01: Adiós Perú, bienvenido en Bolivia

C’est toujours un peu stressant de passer une frontière. On n’est jamais à l’abri de douaniers corrompu, de demande de preuve de sortie de territoire (que nous n’avons pas), de fouille de sac à dos à la recherche de drogue. De plus, ça faisait exactement 91 jours que nous étions au Pérou alors que nous avions un droit de 90 sur le territoire.

Une chance pour nous, le douanier a compté 3 mois sans prendre en compte les mois de 31 jours. Nous sommes passés sans surplus à payer du côté péruvien. Et côté Bolivie, on nous a mis le tampon d’entrée sans aucun autre contrôle, pas même une question sur notre motif de voyage. Nous sommes entrés comme dans un moulin. Ouf !

Notre bus nous dépose au centre-ville de Copacabana. La ville est un célèbre lieu de pèlerinage à la Vierge. Des gens viennent quotidiennement en famille devant la cathédrale pour y faire bénir… Leur voiture ! Une longue file de voitures s’étend jusqu’au centre, bloquant la circulation dans la ville. Les voitures sont décorées de fleurs, de confettis et tout l’attirail pailleté habituellement utilisé pour nouvel an. Sous le capot, ils placent des offrandes comme du vin ou de la bière, des amulettes, des objets symboles de chance. Le prêtre asperge la voiture avec de l’eau bénite provenant d’un seau en plastique, ils prennent une photo, les propriétaires de la voiture donnent discrètement un petit billet au prêtre puis celui-ci passe à la voiture suivante.

La cathédrale est un grand édifice blanc, plutôt joli. Celle-ci abrite la Vierge de la Candelaria, une statue sculptée par un artiste local il y a 5 siècles, en pleine période de conversion au christianisme. Du coup, l’identité de cette statue est incertaine avec ses traits andins, son corps conique comme une montagne et la Lune et le Soleil qui l’accompagnent. Est-ce vraiment la Vierge Marie ? La Pachamama ? Un mélange des deux ??? La beauté multiculturelle de cette ambiguïté est d’autant plus justifiée par la grande pièce à l’arrière de la cathédrale qui compte une collection de reproduction des différentes statues de la Vierge de par le monde.

Les bénédictions de voitures.

11/01 : L’île du Soleil

Le matin, nous embarquons sur un bateau en direction de l’Isla del Sol, l’île du Soleil. Cette île est réputée être le lieu de naissance de Varicocha, le premier des chefs incas. Les ruines d’un temple au nord de l’île marque ce haut-lieu de la mythologie inca. Mais il nous est impossible d’aller le visiter, la moitié nord de l’île est fermée depuis 2 ans en raison de fortes tensions entre les deux communautés locales qui y vivent. Nous nous contentons donc d’une visite du Sud de l’île.

C’est le weekend et les bateaux sont bondés de parents stressés et d’enfants fatigués. À notre arrivée, c’est la beauté d’une nouvelle île qui s’offre à nous. Mais au bout d’un quart d’heure à peine, il se met à pleuvoir des cordes et la température tombe. Nous faisons un rapide tour du village au Sud sous la pluie. Puis nous finissons la journée calfeutrés dans un restaurant, trempés, à attendre le bateau du retour. Le pire est encore pour Alizée qui avait cru bon de sortir les sandales pour cette balade et qui s’est retrouvée les pieds tout mouillés.

Paysage de l’Isla del Sol, avant la pluie.
L’accès au village nous est bloqué par un troupeau d’ânes.
Une reproduction des navires traditionnels du lac.
De la pluie, une « mer » grisâtre, des mouettes… On ne serait pas en Bretagne ?

12/01 : Le bac bolivien

Nous partons pour La Paz, la capitale bolivienne. Mais pour cela, il nous faut traverser le détroit de Tiquina, un couloir d’eau de 800m de large qui relie les deux parties du lac Titicaca. Arrivés à Tiquina, nous descendons du bus pour traverser le détroit sur un bateau. Le bus, lui, embarque sur l’un des nombreux bacs de fortune dédiés à la traversée des véhicules. Vu l’allure des bacs, nous ne sommes bas garantis de retrouver notre bus sur l’autre rive.

De l’autre côté du lac, nous sommes accueillis par des danseurs en costumes traditionnels, divertissant les touristes en attente de retrouver leur bus. Puis, nous repartons en direction de La Paz.

Les danseurs sur le ponton d’arrivée, et les bacs de traversée en arrière-plan.

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