Nous avons rendez-vous à 6h du matin devant un chalet au bout du village. Un bus nous transporte jusqu’au port Bahia Bahamondez à 8km au sud de Villa O’Higgins. Officiellement, c’est ici que s’arrête la route 9, la fameuse Carretera Austral.

Une dizaine de cyclistes attend déjà au port. Ils se sont levés un peu plus tôt que nous pour venir ici en vélo. En tout, nous sommes une vingtaine à embarquer sur le petit bateau. Nous comptons tous traverser la frontière entre le Chili et l’Argentine par ce fameux sentier de 22km à travers les Andes. La dernière frontière carrossable est désormais à 400km plus au nord. Autant vous dire que tous les passagers du bateau ont l’air de baroudeurs aguerris. Tous voyagent en sac à dos ou en vélo de route avec des sacoches de partout.
Nous embarquons sur un bateau qui nous transporte de l’autre côté du lac O’Higgins.


Au bout de deux heures nous débarquons à Candelario Mancilla, un ponton à partir duquel démarre la traversée à pied. Nous installons nos sacs sur le dos et nous mettons en marche.

Au bout d’un kilomètre, nous arrivons à la douane chilienne où nous faisons tamponner notre sortie du territoire. Puis nous partons pour les 20km jusqu’au Lago del Desierto, notre destination côté argentin.

Les cinq premiers kilomètres sont éreintants. Le chemin ne fait que monter et nos sacs pèsent sur le dos. Mais nous avons de la chance d’être à pied, les cyclistes restent loin derrière à devoir pousser leur bécane dans la montée.


Au kilomètre 6, la pente s’adoucit. Le chemin se poursuit dans une passe entre deux monts andins. Nous pénétrons dans une petite forêt. À la sortie de celle-ci s’offre à nous notre première vue sur le fameux mont Fitz Roy. Et un kilomètre plus loin nous atteignons un magnifique point de vue sur l’imposante montagne.



Les cyclistes nous rattrapent finalement vers le kilomètre 10. Et au kilomètre 12, nous nous arrêtons pour pique-niquer le long d’une rivière.
Au seizième kilomètre, nous passons la frontière, signalée uniquement par une petite balise orange et un grand panneau de bienvenue en Argentine.

À la frontière, le chemin de cailloux laisse place à un sentier à travers la forêt. Certains passages sont quasiment marécageux. Nous évitons de nous enfoncer dans la boue en nous aidant des traces de pas et de roues des personnes qui sont passées avant nous.

Nous ne sommes plus qu’à trois kilomètres de l’arrivée lorsque le sentier commence à descendre et que nous apercevons enfin le Lago del Desierto.

Pendant la descente, PJ se casse la figure. Le choc fait d’autant plus mal avec le gros sac sur le dos. Heureusement, PJ ne s’en sort qu’avec un bleu et quelques égratignures.
Nous atteignons finalement les abords du lac Lago del Desierto. Nous nous enregistrons à la petite maison qui sert de douane argentine, puis nous nous posons. Nous sommes bien fatigués.
En attendant le bateau qui doit nous transporter, nous nous posons dans l’herbe, sortions notre réchaud et nous préparons un petit maté. D’autres aventuriers français nous rejoignent et nous passons le temps ensemble à discuter et échanger sur nos voyages respectifs.


Le bateau arrive et nous embarquons, pendant la traversée, nous longeons de nombreuses cascades déferlant des massifs montagneux pour se jeter dans le lac.



Nous rejoignons l’autre côté du lac au bout d’une heure. De là, nous trouvons un bus qui nous emmène à El Chaltén par un chemin bosselé digne de la Carretera Austral que nous venons de quitter. Nous arrivons à El Chaltén vers 20h, à la tombée de la nuit. Il nous faudra encore trouver un endroit où dormir.
Laisser un commentaire