Torres del Paine

Le parc national de Torres del Paine est un lieu incontournable de la Patagonie. Dans ce parc, nous comptons réaliser le « trek W », une grande randonnée sur cinq jours permettant de voir la plupart des beaux points de vue du parc.

09/03 : Jour 1

C’est moins frais que jamais que nous nous levons, à 6h du matin. Nous partons de Puerto Natales en bus à 7h pour arriver à l’entrée du parc vers 9h. Là, c’est un peu la cohue car tous les bus arrivent à peu près en même temps. Il nous faut donc patienter afin d’acheter notre autorisation d’entrée, puis attendre encore que tous les passagers du bus en aient fait de même.

Le bus repart pour nous déposer au bord du lac Pehoe vers 10h30. Cela devrait nous laisser 30 minutes avant le départ du catamaran qui doit nous emmener de l’autre côté du lac où débute le trek. Pourtant, nous apercevons déjà de loin une longue queue de randonneurs en train d’embarquer sur le bateau. Vite, nous nous insérons dans la queue qui avance et… Un membre de l’équipage arrête la file juste devant nous. Le bateau est plein et nous ne pouvons pas embarquer. Heureusement nous sommes beaucoup à rester à quai et l’équipage accepte de faire une seconde traversée vers midi.

En attendant, nous mangeons notre premier déjeuner de randonnée. PJ à peur de ne pas bien gérer le stock de nourriture et définit des rations pour chaque repas, à la virgule près. Chacun à droit à ses 2,5 tranches de pain de mie, un œuf dur, 2 tranches de fromage et une à deux portions de légumes. Seule la mayonnaise est en libre service. Il y a également un fruit par personne en dessert ou en goûter. Ces rations font bien rire Alizée qui pense que nous avons de toute façon trop amené et que nous pouvons tranquillement manger sans compter.

Le catamaran est de retour peu après midi et nous embarquons. Rien que cette traversée de 30 minutes nous offre déjà des panoramas somptueux sur les montagnes escarpées uniques à Torres del Paine.

Nous débarquons au niveau du refuge Paine Grande. C’est ici que nous camperons la seconde nuit. Comme nous repasserons ici demain et que nous dormons en refuge ce soir, nous laissons ici quelques affaires en consignes : la tente, les matelas et la nourriture pour les trois derniers jours de trek.

Une fois les sacs allégés, nous nous mettons en marche et débutons enfin le trek du W.

Refuge Paine Grande – > Refuge Grey, 10,5km, 3h10 de marche

Nous nous engageons dans une petite vallée qui grimpe légèrement. Nous sommes tout de suite surpris de rencontrer de nombreux arbres calcinés. Ceux-ci sont les restes de l’incendie qui a ravagé le parc en 2011.

Le démarrage est un peu difficile. Nous nous arrêtons de nombreuses fois pour ajuster les sacs, enlever ou remettre une couche de vêtement en fonction des variations de météo (tantôt ensoleillé, tantôt nuageux, tantôt des rafales de vent froid) et le dénivelé.

Le sentier grimpe d’environ 200m en dénivelé. Cela paraît peu par rapport aux randonnées que nous avons déjà pu faire, mais c’est quand même plus fatiguant avec les grands sacs sur le dos. Nous nous disons que c’est que le premier jour et que nous allons en baver.

Au bout d’une heure et demi nous apercevons le lac Grey. Et une demi-heure plus tard, nous rencontrons nos premiers icebergs, puis le glacier Grey au loin.

Les points de vue sur le lac se succèdent entre les passages rocailleux et les forêts d’arbres calcinés mais toujours debouts 9 ans après incendie. Puis nous engageons la descente. Celle-ci est d’autant plus difficile avec nos sacs qui nous déséquilibrent vers l’avant. À un moment, la pente se fait bien raide le long d’une falaise, passant sur le passage creusé par un petit ruisseau.

Après plus de trois heures de marche, nous atteignons le refuge. Nous déposons nos affaires dans un des dortoirs, prenons une petite douche, puis allons nous cuisiner un petit repas: soupe de maïs et curry de quinoa-champignon. Le tout en sachet évidemment. Nous accompagnons cela d’une carotte et d’une demie-pomme chacun, ainsi qu’un petit sachet de cookie et une tisane en dessert.

À 18h30, le dîner est fini. PJ se sent encore quelques forces et s’en va une petite heure contempler le glacier Grey depuis le point de vue à 500m du refuge. Puis nous nous posons quelque temps devant le poêle du refuge avant d’aller nous coucher.

Le glacier Grey
Les icebergs du glacier
Un bout d’iceberg pêché dans le lac
Un joli pivert observé sur le retour du point de vue sur le glacier.

10/03 : Jour 2

Nous nous levons à 7h pour retourner ensemble au point de vue sur le glacier Grey. Nous y restons le temps du levé du soleil, puis rentrons prendre notre petit déjeuner. Ce sera une orange chacun, accompagné d’un café et d’une bouillie d’avoine agrémentée de raisins secs et baies de goji.

Cette journée s’annonce petite, l’objectif étant juste de reprendre le trajet de la veille dans l’autre sens. Mais alors que nous empaquetons nos affaires, nos camarades de dortoir nous parle d’un pont suspendu assez exceptionnel à 3km plus au nord du refuge, sur le chemin du trek « O » (un autre circuit du parc qui nécessite 10 jours de randonnée). Comme nous avons le temps aujourd’hui, nous laissons nos sacs dans la bagagerie du refuge et partons pour ce fameux pont.

Refuge Grey – Second Mirador Grey, 7km aller-retour, 2h45

Alizée pense aux jours de marche qui l’attendent et hésite à faire ce détour jusqu’au second mirador. La journée de demain promet d’être ardue, autant ne pas se griller tout de suite. PJ la motive, « c’est un détour d’une heure ». Ce sera plutôt une heure et demi… L’aller simple ! Heureusement, les points de vue valent le coup.

Le premier pont suspendu.
Le glacier Grey
Un pont digne d’Indiana Jones
Un aperçu de la grande étendue de glace au-delà du glacier.

Refuge Grey – > Refuge Paine Grande, 10,5km, 3h10

Nous faisons la marche du premier jour en sens inverse. Même si le chemin est le même, il n’en est pas pour autant ennuyant. Cela nous donne une nouvelle perspective sur les paysages qui nous entoure.

Vers 16h15, nous arrivons au refuge Paine Grande. Nous récupérons nos affaires en consigne et montons la tente. Une fois installés, nous allons nous doucher et nous cuisiner un petit dîner dans la cuisine du camping.

Alizée prête pour Top Chef épisode spéciale « soupe en sachet »

Enfin, nous rejoignons la tente et inaugurons nos sacs de couchage de grand froid.

Le camping de nuit.

11/03 : Jour 3

Refuge Paine Grande -> Mirador Británico -> Camping Francés, 20km, 8h30 (pause midi incluse)

Cette journée s’annonce comme la plus longue de tout le trek : 20km et 700m de dénivelé au programme. Nous nous levons à 6h, remballons la tente sous la pluie et quittons le refuge Paine Grande vers 7h30. Nous portons nos gros sacs sur le dos, avec tout le matériel et la nourriture pour les trois jours à venir. Direction la Vallée Francés qui se trouve à huit kilomètres de marche.

Le refuge Paine Grande au petit matin.

Le sentier contourne le mont Paine Grande par le sud, coincé entre le flanc de la montagne et les lacs qui se succèdent.

Nous défilons à travers les collines d’arbustes et les passages boueux, heureusement aménagés de petites passerelles en bois. Puis le sentier pénètre dans la forêt et nous mène à un pont suspendu passant au-dessus d’un torrent. De l’autre côté se trouve le camping Italiano.

Le Paine Grande joue à cache-cache.

Ce camping marque le point de départ de la montée dans la vallée Francés. Nous y déposons nos sacs, faisons une petite pause goûter et nous lançons dans l’ascension.

La météo n’a pas l’air d’être avec nous. Il pleut et la couche nuageuse est tellement basse que nous ne voyons pas grand chose des montagnes qui bordent la vallée.

Heureusement les nuages s’élèvent au fil de notre ascension et nous profitons finalement d’une vue sur le glacier Francés de l’autre côté de la vallée, dévalant la pente du Paine Grande.

Le glacier Francés un peu dans le brouillard.

Notre ascension se poursuit jusqu’à atteindre le Mirador Británico situé au milieu d’un cirque. Les nuages se sont maintenant suffisamment élevés pour dévoiler une succession de monts et de pics exceptionnel tant par leurs flancs abrupts que par leur différence de couleur.

Après avoir bien profité du point de vue, nous engageons la redescente. Cette fois, le ciel et dégagé et nous avons une bien meilleure vue sur toute la vallée.

On y voit plus clair sur ce glacier.

De retour au camping Italiano, nous récupérons nos sacs et poursuivons notre chemin jusqu’au camping Francés à u’e demi-heure de là.

Charmante petite rencontre sur le chemin.

Notre expérience à ce camping Francés est assez mitigée. Des campements sur plateforme sans rien à disposition pour fixer la tente, un espace de cuisine ridiculement petit coincés entre les sanitaires sans place pour manger ni évier pour la vaisselle à proximité, un prix exorbitant (42 dollars la nuit, soit environ 38€)… Encore heureux qu’il fasse beau car le seul endroit couvert de tout le camping est réservé à ceux qui prennent le dîner sur place (à 39$ le repas).

Pour tous ceux qui comptent faire le trek W, nous vous recommandons fortement de réserver vos nuits au campings Italiano ou Los Cuernos plutôt qu’au Francés.

Néanmoins, le coucher de soleil nous offre de beaux paysages tandis que nous buvons notre petite tisane après notre dîner gastronomique (une plâtrée de vermicelles à la sauce tomate et parmesan).

Le Paine Grande, toujours visible depuis le camping.

12/03 : Jour 4

Camping Francés – > Camping Central, 16km, 5h30 (pause midi incluse)

L’objectif de la journée est de rejoindre le Camping Central, porte de sortie du trek W et point de départ de l’ascension vers les fameuses Torres prévue pour demain. Mais pour l’instant, ce sont 16 kilomètres de marche qui nous attendent avec nos sacs sur le dos. Mais ces derniers ne nous paraissent plus si lourd que ça. Normal avec trois jours de nourriture en moins à porter.

Les premiers rayons de Soleil sur le Paine Grande.

Un peu comme hier, le sentier se faufile entre les montagnes abruptes sur notre droite et le lac Nordernskjöl à gauche (ne nous demandez pas comment ça se prononce). Nous longeons d’abord les monts Los Cuernos del Paine, deux pics très rapproché assez singuliers. En effet, les bases en granit clair de ces deux « cornes » sont coiffées de sommets de roche foncées.

Los Cuernos del Paine
Petit tronçon de sentier sur la plage de gravier du lac Nordernskjöl.

Une fois avoir passé le camping Los Cuernos et traversé la rivière Bader dévalant de la vallée du même nom, c’est le Mont Almirante Nieto que nous contournons.

La traversée de la rivière Bader

Enfin, nous apercevons le grand hôtel Las Torres à côté duquel se trouve notre camping. Mais même si nous quittons plus de vue notre destination, il nous faut une bonne heure pour traverser la plaine qui y mène.

Le mont Almirante Nieto depuis le Camping Central.
On devine déjà les fameuses Torres del Paine dans les nuages.

Nous montons notre campement vers 14h et allons prendre une bonne petite douche. Ensuite, nous nous retrouvons à prendre notre dîner très tôt (17h!), nous préparons nos petits sacs pour le lendemain et nous couchons vers 19h. Demain, le réveil est prévu à 2h45…

Notre campement.
PJ qui prépare le dîner et le repas de midi pour le lendemain.
Nos deux aventuriers couchés avant le Soleil.

13/03 : Jour 5

Camping Central – Mirador Torres, 19km, 7h30 aller-retour (hors pause au sommet)

Nous nous levons en pleine nuit. À trois heures zéro zéro, nous sommes parés pour la mission commando de la journée. Notre objectif : parcourir les 10 kilomètres de distance et 750 mètres de dénivelé qui nous sépare des Torres afin d’y arriver avant le lever du Soleil. Et faire le retour jusqu’au campement pour pouvoir prendre le bus de 14h.

Lorsque nous quittons le camping, le ciel est bien dégagé et la lune presque pleine nous permet de voir sans aucune lampe. Lorsque nous regardons dans la direction de la vallée vers laquelle nous nous dirigeons, nous pouvons observer le scintillement des lampes frontales de randonneurs encore plus lève-tôt que nous.

Le camping de nuit.

Nous traversons d’abord une partie de la plaine par laquelle nous sommes arrivés la veille, avant d’entamer l’ascension dans la vallée par son flanc ouest. La montée est vraiment dure. En pleine nuit, elle nous paraît interminable.

Vers 5h, nous atteignons le refuge Chileno qui se trouve à environ mi-parcours de la montée. À travers la baie vitrée du refuge, nous voyons quelques personnes en train de déguster leur buffet petit-déjeuner. Nous sommes un peu envieux.

Après le refuge, le sentier se poursuit dans une forêt. À partir de là, plus de clair de lune, la lampe frontale devient nécessaire. Par moment, il nous arrive de douter d’être encore sur le bon chemin. Heureusement, nous retrouvons toujours l’une des petites balises oranges réfléchissantes pour nous rassurer… Sauf la fois où PJ commence à nous faire escalader des gros éboulements de rochers pour finalement se rendre compte que nous évoluons à bien une centaine de mètres en parallèle du bon chemin parfaitement bien aménagé.

L’aube commence à poindre. Le chemin quitte la forêt pour amorcer une montée plus escarpée que jamais sur une pente de gravier. Pour maintenir le moral, nous nous arrêtons quelques fois pour déguster un carreau de chocolat, avec la promesse de dévorer le reste de la tablette une fois arrivés.

Enfin, nous atteignons le bout du chemin vers 7h40. Nous nous trouvons sur la berge du lac Torres. Et à l’autre bout de ce lac s’érigent les trois imposantes tours de granit blanc. Quelques nuages à demi-transparents viennent habiller les grand pics qui se reflètent dans le miroir bleuté du lac.

Nous avons à peine le temps de reprendre notre souffle que le spectacle commence. La pierre des tours, grise et terne à la faible lumière de l’aurore, revêt soudain une teinte ocre et lumineuse, colorée par les premiers rayons du Soleil. L’instant est époustouflant et nous en oublions totalement la fatigue de la montée.

Rapidement, la couleur des Torres jaunit et s’éclaircit pour se stabiliser sur un blanc cassé, et la lueur initiale semble s’atténuer alors que la lumière du jour se répand sur le reste du paysage.

Nous restons une petite heure à admirer les trois pics tout en cassant la croûte (adieu tablette de chocolat). Puis il est temps d’engager la descente.

Le chemin paraît bien différent maintenant qu’il fait jour. Les inquiétants troncs dans l’obscurité ont laissé place à de jolis arbres dont certaines feuilles se dorent déjà, signe de l’automne austral qui approche. À la lumière du jour, nous prenons aussi conscience de la hauteur que nous avons gravi dans la nuit. Nous croisons aussi beaucoup plus de monde qu’à l’aller, dont de nombreux touristes qui n’ont rien à voir avec les randonneurs aguerris que nous avons côtoyé ces derniers jours.

Nous sommes de retour au Camping Central vers 11h30. Nous sommes exténués mais pas peu fiers de ces 5 jours et 83 kilomètres à parcourir les espaces naturels du trek W. Il nous reste environ deux heures pour nous faire un petit thé, démonter la tente, empaqueter nos affaires et rejoindre la navette qui nous ramènera à l’entrée du parc. De là, nous jouissons d’une dernière vue sur les Torres del Paine avant de grimper dans le bus nous ramenant à Puerto Natales.

Un commentaire sur “Torres del Paine

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  1. Je ne connaissais les Andes que par le documentaire de Mike Horn « atitude zéro ». Mais là, je reste bouche bée sur votre blog et sa qualité ! merci de nous partager cette expérience, vous m’avez rajouté un point sur ma bucket list 😉

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