15/03 : Punta Arena – Santiago
En à peine quatre heures, l’avion nous transporte 3000 km plus au nord jusqu’à Santiago du Chili. Nous avons l’impression de faire un immense bond en arrière lorsque nous comparons aux 45 jours qu’il nous a fallu pour descendre de la capitale jusqu’au Détroit de Magellan.
Pendant le vol, nous passons au-dessus des deux champs de glaces de Patagonie. C’est l’occasion pour nous d’admirer une dernière fois ces grandes étendues glacées dans un angle inédit.

Nous arrivons à l’aéroport de Santiago vers 15h. Notre vol pour Sao Paulo est pour le lendemain matin à 8h. Il ne nous reste qu’à attendre et essayer de dormir dans l’aéroport.

Alizée ne ferme pas l’oeil de la nuit. Entre la musique du bar juste en dessous, les bruits de l’aéroport, la lumière, le peu de place pour s’allonger… PJ sort son sac de couchage et arrive à dormir deux bonnes heures.
Sur le fauteuil juste à côté de nous dort un homme d’environ 70 ans. Il a ramené sa petite couette et sa tête est posée sur son sac à dos. À ses pieds se trouve son déambulateur. Parfois, un membre du personnel de l’aéroport s’arrête pour lui demander comment il va ou lui donner une bouteille d’eau. Nous comprenons alors que ce n’est pas un voyageur et que c’est ici qu’il a l’habitude de passer ses nuits.
Nous attendons qu’il s’endorme pour poser sur son déambulateur quelques fruits que nous avions prévu pour le voyage.
16/03 : Santiago – Sao Paulo
Enfin, nous décollons pour le Brésil. Pendant le vol, nous réfléchissons à la suite. Nous pourrions profiter des deux semaines jusqu’à notre vol Sao Paulo – Paris pour visiter le Brésil. Nous pourrions même espérer voir les chute d’Iguazu du côté brésilien.
Cependant, les nouvelles du coronavirus Covid-19 ne sont pas rassurantes. En France de nombreux commerces sont déjà fermés et des rumeurs circulent d’un éventuel confinement de l’ensemble de la population. De même, Pérou, Équateur, Argentine et Chili durcissent les restrictions. Finalement, seul le Brésil ne fait rien pour l’instant. On sait seulement que les plages de Sao Paulo vont être fermées… Dommage !
Néanmoins, nous ne sommes que moyennement rassurés de se retrouver coincés à Sao Paulo pendant une potentielle crise. Et quand on voit qu’en France les gens se battent pour dans les supermarchés pour des rouleaux de PQ, nous nous demandons ce que cela peut donner dans une ville où les favelas côtoient les gratte-ciels.
En discutant avec d’autres voyageurs, nous apprenons aussi que presque tous les vols pour l’Europe ont été annulés. Plusieurs passagers de notre avion ne sont là que pour tenter de rejoindre l’Europe par Lisbonne, l’un des derniers aéroports accessibles depuis l’Amérique du Sud. Peut-être devrions nous voir si nous pourrions avancer notre vol transatlantique.
Une fois atterri, nous faisons tamponner nos passeports et récupérons nos sacs à dos qui voyageaient en soute. Puis nous nous dirigeons vers le guichet de TAP Portugal, la compagnie assurant notre vol retour vers la France dans deux semaines. Nous patientons plus d’une heure dans la longue queue d’Européens qui eux aussi tentent de rejoindre le vieux continent. Dans la file, nous faisons des recherches sur le prix d’un changement de billet ou même l’achat d’un autre billet. Nous ne trouvons aucune solution en dessous de 1500€ par personne, sans compter le prix des billets que nous avons déjà acheté et qui seraient perdus, et ceux que l’on perdu de toute manière.
Notre tour vient enfin. Nous expliquons notre situation à l’employé. Après une rapide recherche sur son ordinateur, celui-ci nous annonce que les seules places qu’il a de disponibles sont pour dans quatre jours, pour un supplément de 2000€. La somme nous paraît énorme, surtout si nous la comparons au prix initial de nos billets (600€ pour les deux tout compris). Et qui sait si cet avion ne sera pas lui aussi annulé d’ici quatre jours ? Pour ce prix-là, ne serait-ce pas plus intéressant de rester à l’hôtel à Sao Paulo ?
Nous insistons pour comprendre pourquoi ce vol est si cher et s’il n’y a pas d’autres alternatives. À ce moment-là, celle qui semble être la cheffe de l’agence sort de son bureau pour voir comment ça se passe au guichet. Elle s’arrête à notre niveau, voyant que ça bloque un peu. Nous lui expliquons notre situation. Elle nous demande d’attendre un petit moment, puis elle se met à discuter avec l’employé s’occupant de nous. Ils semblent faire des manipulations sur leur logiciel. Impossible de comprendre ce qu’il se passe, nous ne reconnaissons que très peu de mots portugais. Nous attendons.
Au guichet à côté de nous, une jeune allemande est en train de payer un supplément de 2000€ pour pouvoir partir dès aujourd’hui.
L’échange entre la cheffe et l’employé durent bien 10 minutes jusqu’à ce qu’elle se retourne de nouveau vers nous et nous demande : « Pouvez-vous partir tout de suite ? J’ai un vol qui décolle dans 2 heures pour Lisbonne, je peux vous enregistrer en surbooking. Ça vous coûtera 200€ par personne. » Nous acceptons sans hésiter. Quelle chance ! Nous n’en revenons pas.
Nous allons immédiatement enregistrer nos sacs. Nous avons une bonne demi-heure de marge, nous l’utilisons pour aller acheter des chocolats à une boutique du terminal pour aller les offrir au guichet de TAP Portugal. Ils sont trop contents, mais nous encore plus.

Nous achetons de quoi manger puis attendons en salle d’embarquement. Nous ne réalisons pas du tout que notre périple s’achève ici. Tout est allé très vite. Nous passons d’une réalité à une autre sans préavis.
Le vol est retardé à cause d’un orage, mais Nous embarquons finalement. Alors que nous faisons la file devant la porte d’embarquement, nous suivons sur nos téléphones le discours du Président Macron annonçant la mise en place du confinement en France.

17/03 : Europe, bonjour.
Nous atterrissons à Lisbonne, après une deuxième nuit blanche pour Alizée. Autant vous dire qu’on est pas des plus frais…
Avec le retard du décollage, nous ratons notre correspondance pour Paris. Fort heureusement, nous sommes automatiquement enregistrés sur le vol suivant.

Nous débarquons enfin en France vers 13h, dans un aéroport d’Orly quasi désert. Le confinement a débuté il y a une heure.
Nous rejoignons Paris par la Porte d’Orléans avec l’OrlyBus en à peine 10 minutes. Les rues de la capitale sont étonnamment vides, sauf devant un Lidl où près d’une centaine de personnes font la queue. Nous nous arrêtons quand même dans une boulangerie pour acheter un pain au chocolat. Bonjour la France.

Nous prenons la ligne 4 du métro pour rejoindre la Gare de l’est. Nous arrivons à peine 5 minutes avant le prochain départ pour Strasbourg. Nous changeons rapidement nos billets et sautons dans la rame de TGV.

Deux heures après nous sommes à Strasbourg. Nous nous achetons une bretzel chacun en attendant notre dernier train qui nous emmènera jusqu’à Rosheim. Vers 17h, nous arrivons à la gare de Rosheim, là où tout avait commencé il y a 7 mois.
Notre aventure sud-américaine se conclut ici… Une autre commence.
Une belle épopée qui se termine bien … WELCOME HOME !
Merci pour ces belles photos, ces récits qui nous ont embarqué à l’autre bout du monde … vous m’avez fait regretter ma jeunesse des 20 ans 🙂
Bizzz Nathalie (qui a suivi de près cette belle escapade depuis le premier jour !)
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Avec plaisir! Content de lire qu’on vous a fait voyagé! Il n’est jamais trop tard pour vivre une nouvelle aventure :). J’espère que vous allez bien.
À bientôt !
Bisous
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