18/10: Kuelap
Nous arrivons à 7h du matin à Chachapoyas. Après avoir déposé nos affaires à l’auberge, nous partons en camionette pour Kuelap, le Machu Picchu du nord. On y accède par un téléphérique qui nous emmène jusqu’à 3000m d’altitude.
Malheureusement, la première ruine qu’on a découvert ce matin-là, c’est notre Indiana PJ. Une semaine agitée, un coup de chaud la veille, une nuit dans le bus et l’altitude ont eu raison de son enthousiasme. Il passe la majeure partie de la visite guidé dans un grand mal, à s’asseoir sur chaque banc ou à même le sol, malgré les nombreuses averses.
Revenons à nos lamas. Kuelap est une ville fortifiée perchée sur la cime d’une montagne. Fondée au VIème siècle et habitée jusqu’à l’arrivée des conquistadors au XVIème siècle, la cité est plutôt bien conservée. Sur les deux plateaux de la citadelle, on compte plus de 400 ruines de bâtiments qui auraient été le foyer de plusieurs milliers d’âmes.
Le guide raconte que les conquistadors ont découvert en arrivant des habitants blancs aux cheveux blonds et que les habitations rondes sont typiques des vikings. Est-ce vrai? Comment auraient-ils fait pour arriver jusque-là ? Je ne sais pas.







19/10: Le repos du guerrier-nuage
Nous restons à l’auberge pour nous reposer. PJ a un gros coup de fatigue. Pendant ce temps, Alizée part se balader en ville et s’incruste dans un spectacle scolaire d’une école locale. De loin on entend le boucan, les enfants qui crient et la musique. Le gymnase de la ville est plein à craquer. Des adolescents dansent sur des musiques rythmées péruviennes.
20/10: La Cascade de Gocta
PJ, toujours aussi fatigué, reste se reposer à l’auberge. Alizée, elle, se débrouille pour rejoindre la cascade de Gocta, l’une des plus hautes du monde.



Le soir, nous nous rendons au terminal du bus de nuit qui doit nous emmener à Trujillo, notre prochaine étape. Malheureusement, le bus est annulé car la route a été submergée par une rivière en raison des pluies de la journée. Il paraît que d’autres compagnies de bus tenteraient le passage malgré le risque de se faire emporter par le courant. Mais nous préférons jouer la sécurité et reporter notre voyage à demain soir.
21/10: Le canyon de Huancas
PJ va un peu mieux, nous partons ensemble voir le canyon de Huancas. On s’y rend depuis Chachapoyas en à peine 20 minutes de mini-bus collectif. Nous arrivons sur la place d’un tout petit village. De là, nous marchons 10 minutes pour atteindre une crête où s’offre à nous une vue époustouflante sur le canyon.


Nous passons le reste de l’après-midi à l’auberge en attendant notre bus. Ici, la pluie est systématique dans l’après-midi. Alizée en profite pour aller chez le coiffeur. Elle choisit le premier boui-boui qui n’avait pas une pancarte sur les dessins fait sur crâne rasé. Pas de porte, la salle est directement ouverte sur la rue. Alizée se pointe les cheveux sales, pensant avoir son petit shampoing avec massage crânien avant la coupe. Sauf qu’il y a ni eau courante, ni électricité dans ce salon. La coiffeuse vaporise de l’eau sur les cheveux, coupe et… C’est tout. Alizée ressort au bout de 10 minutes. Ça a coûté 7 sol, soit environ 2€.
22/10 : Trujillo
La nuit la plus longue
Notre bus de nuit pour Trujillo est parti la veille vers 19h30.Alors qu’on espérait le même service VIP que lors de notre trajet Chiclayo-Chachapoyas, ce voyage s’apparente davantage à une nuit de torture.
Nous avions réservé les places de la plus haute gamme pour ce trajet, afin de profiter des sièges s’abaissant jusqu’à l’horizontale que l’on avait lors de notre trajet précédent. Finalement nos sièges ne s’abaissent que partiellement (un peu plus que dans les bus classiques) et l’espacement entre les sièges fait que l’on se retrouve écrasés par nos voisins de devant.
Pas non plus d’écran personnel à chaque voyageur, on est davantage sur une configuration classique de 3-4 écrans fixés au plafond, comme dans les bus de sortie scolaire. Ce n’est pas si grave, on comptait davantage dormir que de regarder la télé. Sauf que pendant toute la nuit, les écrans diffusent des clips bien cuculs de musique « love pop latino » avec le volume bien élevé. D’autres voyageurs ont la superbe idée de couvrir les niaises mélodies en mettant leur propre musique sur les haut-parleurs de leur portable. Le tout nous baigne dans une impossible cacophonie.
Le stewart du bus commence à servir les repas. Il ne faut pas s’attendre à se réconforter avec la nourriture. Pour commencer, Alizée ne peut rien manger car personne ne sait vraiment les ingrédients du plat, alors que la compagnie de bus avait bien enregistré son problème d’allergie lors de notre réservation. PJ dégustera seul sa barquette de riz avec son morceau de viande filandreuse et trop cuite. Plus tard, on nous sert des boissons chaudes. Nous prenons tous les deux un thé. Sauf que l’eau dans nos tasses est déjà brune avant même que nous y trempions nos sachets de thé…
Après ce bon repas (😭), nous mettons nos écouteurs et on s’essaye à dormir dans le vacarme.
Nous sommes réveillés à 6h du matin par une communication au micro. On vient d’arriver à Chiclayo et tout le monde doit débarquer du bus le temps que celui-ci fasse le plein. Nous ne comprenons pas bien pourquoi il faudrait sortir pour cela, mais on ne nous laisse pas le choix. Nous attendons alors près d’une heure avant de pouvoir ré-embarquer. Les voyageurs exténués par l’attente et le dérangement se ruent dans le bus, bien qu’encore à moitié endormis. On croirait assister à une attaque de zombies.
Un passage rapide par le centre de Trujillo
Nous arrivons enfin à Trujillo vers midi. Arrivés à l’hôtel, nous prenons une bonne douche et faisons une petite sieste pour récupérer. Puis nous sortons manger dans un petit restaurant dans le centre tenu par un expatrié italien. Alizée commande sa traditionnelle calzone et PJ prend des pâtes au prosciutto, champignons et crème au vin blanc. S’ensuit une petite balade digestive dans les rues de Trujillo.

L’atmosphère de Trujillo est différente des autres villes péruviennes que nous avons vu jusqu’ici. La traditionnelle place d’armes est resplendissante et les bâtiments qui l’entoure sont dans un style colonial très coloré et bien conservé. Pendant notre balade, nous passons également par une grande rue piétonne (!!) avec des commerces « bien établis ». Pas de vendeur à la sauvette, pas de cuisine de rue.



Malheureusement, avec tous les incidents qui nous ont décalé nos plans, nous n’avons pas le temps de rester plus longtemps à Trujillo. Notre bus pour Lima part déjà le lendemain matin. Nous ne pourrons donc pas visiter les célèbres ruines alentours (Chan Chan, les temples du Soleil et de la Lune), ni de nous poser à Huanchaco, la dernière station balnéaire des eaux « chaudes » du Pérou.