Cusco

30/12 : Préparatifs

Nous arrivons bien fatigués à Cusco. Et comme nous sommes à 3400m du niveau de la mer, il est recommandé de ne pas trop faire d’effort le temps que notre métabolisme s’adapte à l’altitude. Du coup, cette journée se limite aux préparatifs des journées à venir dans la région de Cusco, à savoir :

  • La recherche d’une agence pour organiser notre tour au Machu Picchu.
  • Quelques courses au marché à côté de chez nous.
  • La sélection et la réservation d’un restaurant pour la soirée du nouvel an.

En allant dans le centre, nous passons évidemment par la traditionnelle Plaza de Armas, place centrale de toute bonne ville péruvienne. Celle-ci est un parc gazonnée dans lequel nous pouvons encore observer les décorations de Noël : des cervidés lumineux, une crèche où toutes les figurines ont des longs cous comme des lamas… Au centre de la place se trouve une fontaine au-dessus de laquelle trône une grande statue de chef inca.

La fontaine de la Plaza de Armas
La crèche à cous de lamas.

Autour de la place, s’érigent la cathédrale et une église jésuite de taille quasi égale. La place est également entourée d’arcades abritant divers commerces et restaurants. Souvent, on peut voir des balcons en bois joliment sculptés d’un style colonial à l’étage au dessus des arcades.

Les arcades de la Plaza de Armas

Globalement, Cusco est une ville magnifique, l’une des plus belles depuis le début de notre voyage. Il y règne une petite ambiance de montagne et on y ressent fortement la revendication indigène. Après tout, c’était l’ancienne capitale des Incas.

Le soir, en nous baladant dans la ville, nous entrons par hasard dans l’église San Domingo. L’intérieur est magnifique. L’église est encore décorée pour Noël avec beaucoup de goût (ça veut dire pas de guirlande rose fluo et doré qui clignotent en faisant de la musique). Sur les plafonds sont peints des anges aux têtes d’enfants péruviens et aux ailes arc-en-ciel. Nous ne pouvons malheureusement pas vous faire profiter de ce beau décor, les photographies sont interdites.

31/12 : Nouvel an

El Museo del Machu Picchu

Pour occuper notre matinée avant la fête du nouvel an et en préparation de notre périple dans la vallée sacrée des incas prévu dans deux jours, nous allons visiter le musée du Machu Picchu. Celui-ci se trouve dans le centre-ville de Cusco. Nous y découvrons l’histoire du lieu et celle de sa redécouverte en 1911. Le musée donne également des explications sur les différents édifices qui constituent les ruines, expose les hypothèses scientifiques actuelles et celles que l’on sait désormais erronée. Nous regardons avec envie les photos des expéditions archéologiques de l’époque, et avons hâte comme jamais de découvrir ce lieu de nos propres yeux.

La fête du Nouvel An

Pour le nouvel an péruvien, le jaune est à l’honneur. Dans les marchés et dans les rues, les gens vendent toute sortes d’accessoires jaunes : des fleurs, des colliers à fleurs, des chapeaux et plus étonnant, pleins de sous-vêtements jaunes sur lesquels on peut lire « feliz año nuevo ». Une façon sympathique de souhaiter la bonne année !

Un slip de nouvel an ?
Prêt pour festoyer : On a acheté deux fleurs jaunes pour se mettre aux coutumes locales.

En début de soirée, nous nous rendons à « La Rucula », le restaurant dans le centre-ville que nous avions réservé la veille. Au restaurant, on nous équipe d’accessoires (jaunes) pour célébrer la nouvelle année : chapeaux, colliers à fleurs…

Il y avait quoi dans les verres ?
L’entrée : des crêpes à la truite fumée

Après le dessert, on nous apporte deux flûtes de vin mousseux accompagnées d’une assiette avec 24 raisins. La coutume veut que l’on mange chaque raisin tout en faisant un voeux pour chaque mois de la nouvelle année sur le point de commencer. Nous nous essayons à la tradition avec grand plaisir. C’est pour nous deux un très beau moment de rire et de partage.

Nous sortons de table vers 21h. Dehors, il se met à pleuvoir. Les gens se réfugient sous les arcades autour de la place d’armes pour chanter et boire. Nous profitons un bon moment de l’ambiance, puis nous allons nous réfugier dans un bar pour être au sec. Nous rencontrons un autre couple de Français en voyage comme nous avec qui nous échangeons nos récits d’aventures en Amérique du Sud.

Un peu avant minuit nous sortons sur la place d’armes. Il y a foule, la place est noir de monde ! L’excitation se fait sentir. Malgré la pluie, tout le monde se retrouve pour passer à l’année 2020.

Tres… Dos… Uno…

01/01/2020 : FELIZ AÑO NUEVO !!!

Les gens crient et chantent, des pétards et des feux d’artifices sont lancés dans tous les sens.

Au bout de quelques minutes, la masse commence à se mouvoir autour de la place. Tout le monde se met à marcher ou courir quand c’est possible autour de la place d’armes dans le sens anti-horaire. C’est une tradition qui porterait chance. Dans ce cortège improvisé les gens discutent, chantent, lancent des fusées. Nous y croisons même une fanfare.

Dans la foule qui fait le tour de la place.

Et pendant ce temps-là, au centre de la place, nous voyons un groupe de français bien éméchés qui se baignent dans la fontaine.

La place d’armes, bondée malgré la pluie
Même les lamas sont de la fête

Après une nuit de sommeil…

Nous n’avons rien de prévu de particulier pour ce premier jour de l’an, si ce n’est les derniers préparatifs pour notre périple « Machu Picchu et vallée sacrée des Incas » qui débute le lendemain.

Tout d’abord, nous allons nous balader dans le quartier Saint Blas, un peu plus au Nord de la Place d’Armes du centre-ville. C’est un beau petit quartier bien tranquille, légèrement hipster. Le tracé de la plupart des ruelles datent de l’ère inca. Cela se remarque par les fondations en blocs de pierres taillées typiques sur lesquelles les Espagnols ont construit leurs propres édifices.

Avant de rentrer à l’hôtel, nous passons au marché acheter quelques fruits pour notre voyage du lendemain.

Une ruelle aux murs Incas.
Le quartier San Blas.

Pour les journées du 2, 3 et 4 janvier, se référer à l’article dédié « La vallée Sacrée des Incas ».

05/01 : Journée M&Ms (Marché et Monastère)

Après trois jours de crapahutage dans la Vallée Sacrée, nous passons une journée plus calme à Cusco pour visiter les derniers recoins de la ville.

Le Mercado San Pedro

Le marché couvert San Pedro

Nous adorons aller au marché. Il n’y a pas d’endroit plus authentique, nous y croisons que très peu de touristes.

À Cusco, le grand marché couvert s’appelle le Mercado San Pedro. Le marché est plein ce dimanche midi car aller déguster un petit plat traditionnel dans l’un des nombreux stands est une tradition dominicale au Pérou. On y propose du lomo saltado (petits morceaux de viande cuits), salchipapas (saucisse et frites), chicharrón (gros dés de porc)… On peut aussi y prendre son petit déjeuner avec un sandwich à l’avocat, un lait d’avoine, un jus frais… Tout est très bon et vraiment pas cher.

Nous commençons notre repas par un jus frais. Ce sera ananas-pomme pour PJ et mangue-orange-lucuma pour Alizée. La vendeuse le prépare devant nos yeux et nous tape la discussion pendant la dégustation.

Devant le stand de jus, on choisit parmi les fruits de l’étalage.
Heureuse

Alizée continue son repas avec un choclo con queso, un épi de maïs blanc bouilli accompagné de son bout de fromage, le tout emballé dans sa feuille de maïs. PJ opte pour un arroz con huevo. Comme son nom l’indique, l’assiette comprend du riz avec son oeuf au plat, mais aussi des tomates, de l’avocat et une portion de patates frites. Nous mangeons assis sur une des deux rangées de bancs en face du stand de nourriture.

On dirait pas comme ca, mais un choclo ça vous nourrit une Alizée affamée.
Buen provecho !

Nous sortons repus, le tout nous aura coûté 23 soles, soit environ 6€ pour les deux.

Le Monastère San Domingo ou Qorikancha, le Temple du Soleil

Le Monasterio San Domingo est attenant à l’église du même patronage (la jolie que l’on avait visité lors de notre premier jour à Cusco). La grande particularité de ce monastère est d’avoir été construit à la place du Qorikancha, le Temple du Soleil inca. Au lieu de raser le temple, les Dominicains ont intégré les anciennes murailles à celles du nouvel édifice. Lorsque le monastère a été détruit par un tremblement de terre en 1950, il fut reconstruit tout en redégageant les vestiges incas. Au résultat, l’architecture du lieu se retrouve à mêler deux religions, deux époques, deux civilisations. Cela est bien représentatif de la double identité de cette ville.

La cour du monastère, avec les anciens temples sous les arcades et la fontaine cérémoniale inca au milieu de la cour.
Les anciens temples incas gardés par les Dominicains pour l’usage monastique (réfectoire, bureau de l’abbé)

Initiation à la médecine locale

Avec le voyage peut survenir quelques désagréments. C’est parfois physiquement éprouvant de tenir le rythme et notre corps est soumis à beaucoup de sollicitations : l’altitude, les nouvelles bactéries, le soleil… Au Pérou, il y a plus de pharmacies de que boulangeries et pour chaque petit bobo il y a une panoplie de remèdes plus chimiques les uns que les autres.

En parallèle subsiste toute une médecine traditionnelle encore largement admise et tout aussi efficace. Plus que des recettes de grand-mère, ce sont des remèdes que de nombreux péruviens utilisent au quotidien. Et bien que certains locaux y attachent parfois une croyance spirituelle, ces remèdes ont le mérite d’être naturels, efficaces et scientifiquement reconnus.

C’est dans des petits stands du marché comme celui-ci que l’on trouve notre bonheur

La feuille de coca

Pour les maux dus à l’altitude (nous évoluons entre 0m et 5000m), il y a la feuille de coca. Chez nous, celle-ci est surtout tristement connue pour la poudre de cocaïne que l’on y extrait. Mais en feuille brute, la cocaïne n’y est présente qu’en dose homéopathique, mais contient plusieurs autres principes actifs. Sa vente, sous forme de feuille séchée, est libre dans de nombreux pays d’Amérique du Sud. C’est surtout sa production qui fait débat, ne sachant jamais si celle-ci à pour objectif la vente directe ou la transformation en laboratoire clandestin

La feuille de coca se consomme en tisane ou se chique. Elle s’utilise pour le mal d’altitude, mais aussi pour les problèmes intestinaux, les tisanes « nuit tranquille » ou juste pour le plaisir du goût.

La feuille d’aloe vera

Nous utilisons l’aloe vera qui ne trouve pas de pareil en terme de soins pour la peau après un coup de soleil. Nous étions partis avec un tube plein d’aloe vera pur en gel, mais celui-ci s’est rapidement vidé face aux agressions du soleil équatoriens.

Désormais, nous transportons une feuille entière dans nos sac à dos et nous nous en coupons des tranches de temps en temps pour l’appliquer directement sur la peau.

Le chako

C’est un mot quechua, qui se prononce « tch-hako ». Il s’agit d’un argile gris des Andes comestible. On le trouve sous forme de pierre grise. On gratte un peu d’argile dans un verre d’eau, on laisse reposer quelques heures, puis on le boit. C’est parfait pour traiter les petites intoxications alimentaires. Cela a remplacé notre stock de smecta qui s’est vite épuisé.

Nos petits remèdes andins. Le gingembre c’est surtout parce qu’Alizée aime en mettre à toutes les sauces.

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