Nous partons tôt de San Pedro, à 6h20 nous voilà au terminal de bus, direction Antofagasta.
Une fois arrivés, nous louons une voiture à l’aéroport. Nous recevons une Golf toute neuve, affichant à peine 150km sur le compteur. Puis partons pour l’Oficina Salitrera Chacabuco, une ancienne ville d’exploitation du salpêtre perdue au milieu du désert.
Le Diner de Baquedano
En chemin, nous nous arrêtons pour manger dans une bourgade minuscule qui semble être un repère à camionneurs. Le choix est vite fait, nous nous installons dans un restaurant au murs de bois et commandons l’unique menu du jour. Tout le monde s’assied face à la grande télé au fond de la salle. On se croirait dans un vieux Diner Americain, perdu le long de la route 66 en Amérique du Nord (ou du moins, c’est ce que l’on s’imagine des coins perdus des États-Unis). Ce sera soupe en entrée, pâte, poulet et crudité ensuite. Le tout servi très très généreusement. Le ventre bien (trop ?) plein et avec deux cafés, le tout nous revient à 6800 pour les deux, soit environ 7,5€. Qui a dit que le Chili était cher ?
La Oficina Salitrera Chacabuco
L’oficina est un ancien village de mineurs transformé plus tard en camps de prisonniers politiques sous la dictature de Pinochet. Elle fut construite dans les années 1900 dans le but unique d’exploiter les gisements de salpêtre alentours. Plus de 5000 personnes y vivaient en autarcie, à 100km d’Antofagasta, la ville la plus proche. Une vraie petite bourgade au milieu du désert ! Il y a beaucoup d’autres oficinas dans le nord du Chili. Mais avec l’invention des fertilisants chimiques par les Allemands durant la Première Guerre Mondiale, l’exploitation du salpêtre naturel fut dépassé et les oficinas désertées. Ces villes fantômes sont aujourd’hui ouvertes aux visites.

Bien que la ville comprenait son théâtre, son gymnase, son marché, ses bains municipaux avec piscine, une école, un hôpital et une maternité, les conditions de vie était très dures pour les ouvriers: horaires intensifs, chaleur, accidents fréquents, maigre salaire.
Nous sommes seuls sur le site et nous nous promenons à notre guise entre les ruines. Il y règne un atmosphère bien particulière. On verrait presque encore les enfants jouer dans les rues et les wagons remplis de minerai rentrer dans l’allée principale. Nous nous promenons en 1930.
La ville s’organise autour d’une grande place centrale arborée. Autour de cette place se trouve un beau théâtre, qui servait aux représentations, aux projections de films noir et blanc muets et aux matchs de boxe, le sport populaire de l’époque.


Au centre également, une école qui accueillait plus de 300 élèves. Les garçons et les filles étaient séparés.

Entre ces deux bâtisses se trouve le club. On y rentrait sous condition d’un tenue adéquate pour jouer, boire et probablement draguer.

Les hommes célibataires étaient logés dans des quartiers à part. Il vivaient jusqu’à 3 dans de petites chambres de 10m2 et disposaient du minimum de confort.

Les familles, elles, occupaient de petites maisons plus spacieuses : Une, deux ou trois pièces en enfilade et une petite cour à l’arrière. Beaucoup de foyers utilisaient ce jardin pour élever des animaux.



Les habitations des cadres, employés de bureau et des médecins étaient plus grandes et plus coquettes que celles des ouvriers. Le directeur et l’inspecteur général avaient leur propre maison toute en bois, à l’écart des habitations des ouvriers.





