Le Cerró Paranal est l’un des plus gros réseaux de télescopes à lumière visible du monde, géré par l’ESO (European Southern Observatory). Nous avions réservé nos places pour la visite depuis longtemps. C’est LA raison pour laquelle nous avons fait un crochet à Antofagasta.
« Cerró » signifie colline. L’observatoire est situé sur le sommet de la montagne nommée « Cerró Paranal » , dans un des déserts les plus sec de la planète. Ici, l’humidité ne dépasse pas 20% et on dénombre environ 320 nuits sans nuage par an. Prêts pour la visite ?


Nous commençons la visite par l’hôtel pour les employés. Les ingénieurs s’activent le jour et les astronomes la nuit. Vous avez tous déjà vu cet hôtel dans un film, lequel ? Ceux qui trouvent sans regarder la réponse, envoyez-nous un message privé et on vous fera des empanadas de Piño en rentrant en France.
Piscine, réfectoire, bibliothèque, salle de cinéma… Il fait bon vivre quand on a la tête dans les étoiles. Les employés travaillent sur le site 7 jours puis rentrent chez eux 7 jours. Ils travaillent de 7h à 19h (ou l’inverse).

Ensuite nous prenons un bus qui nous emmène sur la cime où se trouvent les télescopes. Ces derniers sont gigantesques. Ils sont isolés de la pollution lumineuse de la ville et de la route : il est interdit de rouler les phares allumés la nuit et toutes les voitures stationnées la nuit sur le site sont blanches, de manière à ce qu’elles rayonnent le moins possible une fois la nuit tombée.
Le réseau est composé de 10 télescopes :
- 4 VLTs (Very Large Telescope) avec chacun un miroir principal de 8,2 m de diamètres, et capables de capter des rayons allant de l’ultraviolet à l’infrarouge en passant par le spectre visible. Chaque unité peut fonctionner indépendamment ou couplés par interferométrie grâce à un réseau de miroirs souterrains.
- 4 ATs (Auxiliary Telescope) aux miroirs principaux de 1,8m de diamètre. Ces télescopes ciblent de plus basses fréquences, fonctionnent en interferométrie et sont mobiles.
- Le VISTA et le VLTS, deux téléscopes complémentaires pour des observations spécifiques.
Pour les VLTs, les rayons lumineux sont captés par le miroir principal concave, puis réfléchis sur un second miroir concave, avant d’être redirigé par un troisième miroir plat vers l’un des trois capteurs que comptent chaque télescope.
Les rayons sont convertis en signaux numériques, puis analysés parfois pendant de nombreux mois.
Les miroirs principaux sont équipés d’une optique adaptative, un réseau de vérins qui corrigent la déformation du miroir principal lorsque le téléscope est en mouvement. Chaque miroir subit un nettoyage régulier. Seulement ce n’est pas si facile de dépoussiérer un miroir de 32 tonnes.
La salle du télescope est maintenue à la même température que celle de la nuit dernière afin d’éviter que le téléscope ne rayonne dans la nuit et ne perturbe ainsi ses propres mesures.

Dans quelques années, un nouveau télescope devrait voir le jour sur le Cerro Amazonas, l’une des montagnes alentours. Son miroir principal fera 42m de diamètre et il répondra au doux nom de E-ELT, European Extremely Large Telescope (pas facile de surenchérir par rapport aux VLTs de la génération précédente). Opérationnel d’ici 5 ans, sa principale mission sera de repérer et analyser des exo-planètes, en particulier celles offrants des conditions de vie similaires à celle de la Terre. De là où nous sommes, nous pouvons déjà observer le terrassement du Cerró Amazonas.


