Parc national de Conguillo

29/01 : L’Allgäu d’Amérique du Sud

Après une nuit mouvementée dans les transports, nous arrivons à 7h du matin à Temuco. Nous redécouvrons l’humidité et la fraîcheur matinale, les forêts de feuillus et de sapin, les paysages vallonnés, les champs d’herbe coupées et les petits chalets de style germanique, le tout dans une ambiance proprette et rurale. Serions-nous de retour en Europe ? Aurait-on dormi un peut trop longtemps dans le bus ? Quelle impression surprenante (mais agréable) de retrouver, après 6 mois, un climat tempéré.

Nous prenons un bus à la volée pour Curacautín, un village à deux heures de là. C’est le village le plus proche du parc national de Conguillo. À Curacautín, l’Office du tourisme nous propose gentillement de garder une partie de nos bagages pendant notre séjour au parc. Nous faisons le tri sur un banc de la place centrale, séparant linge sale et linge propre, étalant notre bazar sur les bancs publiques, attisant la curiosité de quelques passants.

Il n’y a pas de bus qui va jusqu’au centre du parc. Nous faisons du stop. Il n’a pas fallu longtemps avant d’être pris par un premier pickup, puis un deuxième. À chaque fois, on saute dans le coffre à l’arrière avec nos deux sac. Dans le deuxième pick-up, on se retrouve même à 5 personnes à l’arrière avec les bagages. Un petit endroit bien cosy pour discuter pendant le trajet. On aime énormément le côté décontracté, simple et bien sympathique des sud américains.

Alors que la voiture s’enfonce dans le parc, nous découvrons peu à peu la beauté de la nature qui nous entoure. Au loin, les volcans enneigés. Et tout autour de nous, une forêt d’araucarias magnifique, des lacs et rien que le bruit de l’eau et du vent dans les arbres. Les araucarias donnent à l’ensemble un petit côté jurassique. Il ne manquerait plus que les fougères géantes et un T-Rex.

Nous montons la tente, y déposons nos affaires, puis enfilons nos maillots de bain. Comme plusieurs autres familles chiliennes, nous allons piquer une tête dans le lac Conguillio. Mais nous ne tardons pas trop car l’eau est bien fraîche. L’eau provient des glaciers du Sierra Nevada, l’un des volcans surplombant le lac. Nous rentrons au campement tout grelottant, et nous glissons dans nos duvets pour dormir.

30/01 : Randonnée autour des lacs

La nuit est plutôt fraîche, nous relevons 7°C au petit matin. Après un rapide petit déjeuner, nous nous mettons en route pour explorer les environs.

Nous entamons notre randonnée par le Sendero de la Playa (sentier de la plage) qui longe le lac Conguillio. Puis nous empruntons le début du sentier de l’ascension du Sierra Nevada. Celui-ci monte à travers une jolie forêt tempérée qui compte ça et là quelques araucarias. Le chemin nous mène à de magnifiques points de vue sur le Lac Conguillio, notamment au Mirador del Condor. Les Sud-américains adorent dédier leurs plus beaux points de vue au condor, mais jamais nous ne voyons cet oiseau emblématique à l’état sauvage …

El Sendero de la Playa
Vue depuis le Mirador del Condor
Le volcan Llaima, second volcan le plus actif d’Amérique du Sud

Plutôt que de poursuivre notre ascension jusqu’au glacier du Sierra Nevada (qui nous aurait pris la journée), nous redescendons pour nous rendre à la Laguna Arcoiris, un joli petit lac plus au sud du parc. La Laguna arcoiris a été créée suite à une importante coulée de lave du volcan Llaima il y a 320 ans. La coulée a barré le passage à la rivière coulant depuis le lac Conguillio, et la cuve s’est remplie d’eau, noyant subitement une partie de la forêt. On distingue encore nettement les troncs des arbres engloutis dans l’eau claire.

Laguna arcoiris (Arc en Ciel). Les couleurs sont surréalistes.
La coulée de lave refroidie. Quasiment rien n’a poussé dessus depuis.

En rentrant au camping, nous découvrons que nous avons de nouveaux voisins : un couple français en voyage comme nous, mais depuis plus d’un an, et un frère et une sœur chiliens en vacances. Tous sont équipés de réchauds et se préparent de bonnes soupes chaudes et du thé. Nous les regardons avec envie : il fait vraiment qu’on s’équipe davantage pour le camping ! Le couple français revient tout juste de Patagonie et nous fait des recommandations bien utiles pour la suite de notre voyage.

La journée a été bien chaude, c’est de bonne augure pour passer une nuit moins fraîche que la veille. Surtout que nous avons vraiment besoin de nous reposer après cette journée bien remplie.

31/01 : El Sendero de los Carpinteros

Le matin, nos voisins chiliens nous font découvrir les secrets d’un maté réussit, toute une institution :

Étape 1 : se procurer une bonne tasse à maté large en bas et resserrée en haut, avec sa paille en métal


Étape 2 : remplir la tasse à ras bord de maté de bonne qualité, mettre la paille dedans (le geste et la position de la paille est important)

Étape 3 : verser dessus une eau légèrement frémissante (l’eau bouillante tue les arômes, l’eau trop froide ne les révèlent pas assez)

Étape 4 : faites tourner ! Le maté est encore meilleur lorsqu’il est partagé. Le maté est aussi social que la cigarette, les effets nocifs du tabagisme en moins.

Apparemment, le maté est énormément consommé en Uruguay et en Argentine, un peu moins au Chili.

Après la dégustation matinale, nous démontons la tente, préparons nos paquetages et partons sac sur le dos pour le Sendero de los Carpinteros. Ce sentier des piverts nous emmène à travers la forêt sur 8 km en direction de l’entrée du parc.

L’araucaria le plus vieux du parc. Il a beaucoup d’arbres de 300-400 ans dans le parc.

Le sentier débouche sur la Laguna Captrén que nous contournons pour rejoindre le chemin carrossable du parc.

Nous ressortons du parc de la manière que nous sommes arrivés: en pouce ! Un charmant couple de retraités belges s’arrêtent et nous embarquent à bord de leur belle caravane (c’est la première fois que nous montons dans une caravane et celle-ci est vraiment super confortable). Il voyagent depuis 7 mois également et nous conseillent sur les coins sympa de Patagonie.

La caravane nous déposent à Curacautín où nous récupérons nos affaires à l’office du tourisme avant de nous mettre en route pour Pucón.

Les commentaires sont fermés.

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer