Puyuhuapi

19/02 (suite) : Installation au Camping Adhonai

À notre camping de Puyuhuapi, nous rencontrons un sympathique couple de Français avec qui nous dînons au bord du lac. Nous trinquons ensemble avec un reste de rouge Casillero del Diablo. Eh oui, nous baladons toujours nos verres à pied depuis la visite du domaine viticole de Santiago. Cela fait beaucoup rire les voisins au camping. Et c’est toujours amusant de voir tous les regards se tourner au son du bouchon qui saute.

Repas camping avec son verre de vin.
Couché de soleil sur le lac en face du camping.

20/02 : Parc Queulat

Nous marchons 4h dans une forêt dense avec quelques passages boueux. Au bout du chemin qui grimpe, un magnifique point de vue sur le glacier Ventisquero Colgante. Ce glacier à la particularité d’être suspendu : la langue de glace finit au-dessus d’un précipice, alors que la plupart des glaciers se jettent généralement dans l’eau.

Les randonneurs s’agglutinent sur le petit point de vue, les yeux rivés sur le monstre glacé, dans l’attente du grand spectacle : le détachement d’un bloc de glace. Par ce beau temps, cela arrive environ toutes les une à deux heures.

Tout d’abord, sans crier gare, un pan se détache du glacier et va s’écraser sur la paroi abrupte jusque 600m plus bas, dans un panache de fumée glacée. De là où nous sommes nous croyons observer un petit glaçon qui tombe, mais c’est en réalité plusieurs tonnes de glace qui se jette devant nous.

Au bout de 5 secondes, le vif spectacle visuel s’achève pour laisser place au spectacle sonore. En effet, c’est le temps qu’il faut au bruit du craquement et des fracas successifs de la glace pour atteindre notre point de vue, à près de 2km. Le son, puissant et rauque comme celui du tonnerre, se prolonge pendant une dizaine de secondes. Puis le calme retourne dans la vallée et seule une petite tâche blanche au pied de la falaise subsiste de l’événement. Nous sommes tous ébahis par ce que nous venons de vivre.

Après être redescendu, nous nous posons au pied du lac alimenté par les 2 cascades issues de la fonte continue du glacier. Le Ventisquero Colgante est encore visible d’ici, mais le son des chutes de glace y est plus distant.

Nous dormons le soir au camping du parc. Dans la soirée, nous entendons par deux fois le fracas des chutes de glace. Nous ne pouvons qu’imaginer la taille des blocs qui ont du tomber pour que nous les entendions jusqu’ici.

21/02 : retour à Puyuhuapi

Le lendemain matin, nous retournons à Puyuhuapi pour prendre un bus pour Coyhaique. Malheureusement, nous apprenons que tous les bus sont pleins jusqu’au surlendemain matin et que les réservations pour ce bus ne seront ouvertes que demain matin. N’ayant pas d’autre choix, nous décidons de tenter l’auto-stop. Nous nous postons donc au bord de la route, avec tous les autres auto-stoppeurs, et attendons.

C’est là que nous nous rendons compte combien la Carretera Austral n’est pas une autoroute. Pendant les pointes, il nous arrive de voir passer 4 véhicules dans la même demi-heure. Mais après cinq heures à poireauter, nous abandonnons. Entre le faible traffic et la rude concurrence, seuls quelques chanceux se font emmener. Et encore, c’est au risque de se faire déposer 30km plus loin, au milieu de nulle part à l’approche de la nuit.

Nous avions pourtant mis toutes les chances de notre côté !

22/02 : Journée statique

Alizée se lève tôt, avant même l’ouverture du petit magasin qui vend les billets de bus. À 7h30, elle est la première à faire la queue. Petit à petit, les gens arrivent. Il n’y a que 20 places dans le bus et il y a déjà plus de personnes qui attendent que de place dans le bus. C’est la guerre. Alizée réussit à passer la première pour réserver 2 places et partir le lendemain. Tous n’auront pas cette chance.

Le reste de la journée, il ne nous reste pas grand chose à faire dans les environs. Nous prenons notre mal en patience et mettons à profit ce temps bloqué ici pour revoir notre plan de voyage pour les jours à venir. Nous savons maintenant qu’il peut être difficile de se déplacer sur la Carretera Austral. Et notre plan est de rejoindre le bout de cette route, au village de Villa O’Higgins, d’où un bateau en direction de la frontière argentine part 2 à 3 fois par semaine sous condition de bonne météo. Mais avant d’arriver là-bas, nous avons encore 4 étapes de prévu. Et pour quasiment chaque étape, le bus suivant ne peut être réservé qu’à la ville de départ de celui-ci, au risque qu’il soit complet. De plus, nous ne sommes jamais à l’abri d’un autre aléas de voyage.

De l’autre côté, nous sommes un peu pris par le temps. Notre randonnée au parc Torres del Paine est programmée pour dans 18 jours et il est impossible de la déplacer.

Plein de choses à voir, beaucoup de trajet, énormément d’incertitudes et peu de temps… Bref, la Carretera Austral peut être un vrai casse-tête lorsque l’on a des dates à tenir.

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