23/02 : La capitale régionale
Après près de deux jours bloqués à Puyuhuapi, nous voilà repartis dans le bus. Celui-ci est plein à craquer, si bien qu’une dizaine de personnes restent debout dans l’allée centrale pendant les quatre heures de trajet.
La plupart des passagers du bus sont français, si bien qu’on croirait une excursion organisée. On dirait que les Français en voyage sont friands des territoires reculés.
Pendant le trajet, nous croisons deux huemules se baladant dans le lit d’une rivière longeant la route. Le huemul est une espèce de cerf endémique de la Patagonie actuellement menacé de disparition. Bien que le chauffeur s’arrête, nous ne profitons que très peu du spectacle à travers les fenêtres sales et embuées par le monde.

Nous arrivons à Coyhaique, la capitale régionale et la plus grande des 5 villes que compte la région. Bien que ce soit une jolie ville dans les montagnes, il n’y a pas grand chose à y faire, si ce n’est retirer de l’argent (distributeurs de billets et terminaux de paiement sont rares dans les petits villages du coin), se ravitailler et y dormir une nuit avant de repartir avec les bus du lendemain matin.
24/02 : Sur la route pour Puerto Río Tranquilo
Quand nous arrivons au terminal de bus de Coyhaique, nous apprenons que la réservation de nos places dans le bus n’a pas fonctionné et qu’il n’y a plus d’autre places disponibles. Et tous les bus des autres compagnies partant aujourd’hui affichent complets. Quelques minutes avant que le bus ne parte, la compagnie nous propose de rentrer quand même dans le bus, mais en restant debout dans le couloir. Nous acceptons, c’est mieux que de rester coincé un jour de plus.
Nous trouvons deux sièges libres nous permettant de s’assoir les deux premières heures. Puis nous faisons halte à Villa Cerro Castillo. Ce petit village se trouve au pied du Cerro Castillo (quelle originalité), une très jolie montagne dont les pics alignés ressemblent à une forteresse. Fut un temps, nous envisagions de faire un trek de 5 jours, ou juste s’arrêter pour une journée de randonnée sur cette montagne. Mais faute de temps, nous avons préféré continuer directement jusque Puerto Río Tranquilo. Toutefois, cet arrêt nous permet de bien contempler les tours du Cerro Castillo depuis le village.

Lorsque nous remontons dans le bus, celui-ci est complet, à part une place qui sera pour Alizée, qui se remet encore d’une infection alimentaire. PJ, lui, s’allonge dans le couloir… Et finalement s’endort pour le reste du trajet, bercé par les virages.

Nous nous enfonçons de plus en plus loin sur la Carretera Austral. Nous passons des heures à rouler sur ce long chemin de terre et de graviers, unique signe de vie humaine. Sur cent kilomètres, c’est un miracle si l’on passe dans deux villages. Les paysages sont sauvages et la température baisse peu à peu…